L’attaque de la femme de 50 ans.

Anxiété

L’anxiété. C’est peut-être nouveau pour toi. Elle va t’attendre, tapie dans les replis de ta cervelle, pour se ruer sur ta moelle alors que tu t’apprêtes à faire ce que tu aimes. Une rencontre avec des amis, une balade en voiture, une session de magasinage chez La Senza et voilà que, pour aucune maudite raison valable sauf t’être fait demander «Quelle grandeur?», le venin va couler dans ton système endocrinien et te paralyser devant le bonheur de vivre.

Tout ton corps va se sentir submergé par une sensation de danger immédiat, de mort imminente. Soudain, Virginia Woolf, les poches remplies de roches, va venir s’asseoir sur ta poitrine, ici, juste au milieu, entre le souffle et le battement. Quelque chose de terrible est sur le point d’arriver. Tu vas crever, on dirait bien.

Tu regardes autour de toi, les sons ouatés par ton angoisse. Tout est vaseux et sourd. On ne remarque pas comme tu es mal. On te parle comme dans un bocal où tu es le poisson. Tu pourrais jurer que d’ici quelques secondes, tu t’effondreras sur la rangée de brassières paddées alors que la bibitte d’Alien t’explose hors de ton sternum pour venir éclabousser les tongs aux couleurs de l’été et la face hébétée de la vendeuse. Oui, si tu ne sors pas d’ici, tu vas mourir, c’est certain.

Mais non. Non. Écoute-moi. Tu vas te battre contre ton instinct, maintenant. Regarde-moi dans les yeux. Tu vas commencer à respirer comme par une paille. Laisse l’air entrer doucement et à fond. C’est frais, hein? Ça éteint la brûlure. C’est ça le secret. Laisse l’air bomber ton torse. Tu sens comme les liens autour de toi commencent à se relâcher? Allez, encore… Encore… Tu vas mieux? Évidemment que tu vas mieux.

Attention, l’anxiété n’est pas qu’une harpie qui t’étrangle d’un coup de ses mains crochues. Non. Elle peut aussi s’accroupir sur ton épaule pour ne plus te lâcher de la journée. Tu la trimbaleras comme un perroquet qui te murmure le doute à l’oreille en te chiant à grandes trainées dans le dos. Ta bouche sera sèche, ton estomac sera de pierre, et l’inquiétude sera omniprésente à chacun de tes pas.

Tu voudras rester chez toi, éviter de te mettre en danger. Tu voudras ne plus fréquenter les foules, conduire ou faire un discours. Tu ne voudras plus traverser ce pont ou cette rivière, par crainte de croiser le malin. Moi qui suis là, je te le dis aujourd’hui, ne fais pas ça.  C’est ainsi que la sorcière puise sa force. Elle se nourrit de ta liberté. Ne lui en donne jamais!!  Tu m’entends?

Ce que tu expérimentes, c’est l’attaque de la femme de 50 ans. C’est tout. Ces crises sont provoquée par ton horloge qui se détraque et te shoote du cortisol. C’est tes hormones de stress qui jouent avec tes peurs. Regarde-moi dans les yeux encore. Je suis sérieuse. Calme-toi. Tout. Va. Bien.

Maintenant, prends ce soutien-gorge. Oui. Le mauve. Il te fera divinement.

 

Sensuellement vôtre,

La méno-pin-up

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