À s’en pisser dessus.

Incontinence

Depuis un moment, je me suis mise au jogging. Fortifier mon cœur, mes poumons et mes cuisses. J’ai beau accepter que le temps fasse sa job sur mon enveloppe, c’est pas vrai que je vais me laisser couler tout doucement vers la décrépitude sans me débattre un brin! Alors, je cours, quelques jours semaine, rouge dans la face et Daft Punk dans les oreilles.

À chaque fois, je pars en maugréant, mais quand même, faut le dire, je reviens en beau tabarnak. Ben, non, ben, non, c’est pas vrai, je reviens en sacrament tellement j’haïs ça.

Je vois tout de même les bénéfices. Alors, je m’entête à  faire du footing parce que je monte maintenant les escaliers du métro Laurier comme si j’allais traverser direct aux Grands Ballets Canadien tellement j’suis pas essoufflée; parce que la peau de mes joues brille maintenant comme une pomme fraîchement frottée et parce que mes cuisses sont tights, pis on aime ça être tight.

Ça m’amène à ce dont je voulais vous parler : Un soir, je me glisse avec une petite danse niaiseuse dans mes pantalons faits en moulent-tout et je pense «J’devrais-tu vider ma vessie?… Bha! Non.»

Fait que, je pars, godasses fluos qui martèlent le trottoir qui me mène au parc. J’ai de la gomme aux fruits coincée entre les gencives et je suis dans la zone. Envoye, ma vieille, t’es hot. Sens la brûlure! Aime la brûlure. Harder better faster stronger! Pssst…

Pssst?

Quoi «Pssst»?

Je viens-tu de me pisser dessus, moi-là???

Et oui, mesdames et messieurs. La petite humidité entre mes fameuses cuisses ben tights trahissait un écoulement. J’étais humiliée ben raide. Rien n’y paraissait. Y’a pas un chat qui aurait pu deviner que ma noune trempait dedans. Mais moi, je savais. Oh, oui, je savais. Le retour fut marché plutôt que couru, avec ma tête basse qui spinnait sur un mauvais temps.

L’incontinence. Ça y est. Des visions de couches sous mes moulent-tout dansaient devant mes yeux. Le look, le confort, les odeurs, ma vie sexuelle!! Ha, mon Dieu, enlevez-moi un bras à la place! Laissez-moi sans fuites! Je ne peux pas dealer avec ça!

Quelques jours ont passé. Je suis retourné battre le pavé, mais sur la pointe des pieds, pratiquement déshydratée, tant je craignais la goutte qui brise le barrage. Mais rien. Fiou! Je rentre chez moi, j’éternue et pssstt!

NOOOOOOOON!!!!!!!

En enlevant ma culotte alourdie par l’urine, j’ai pleuré. Une vraie fontaine. Une vraie femme. Une vraie femme fontaine. Je me suis lentement tarie puis, je me suis ressaisie. Je n’allais pas me laisser abattre, mais combattre. Je perdrai peut-être et, alors, j’en ferai mon deuil, mais là, c’est la guerre! Et tandis que je lavais ma bobette d’un savon fait pour la dentelle, j’ai commencé mes exercices de Kegel.

Et serre, serre, serre, serre! Serre ici, serre là, serre en haut, serre en bas! Serre, serre, serre, serre! Squeeze le tube! Squeeeeeeze comme si une bite y était et que tu ne voulais pas la laisser partir! Serre, serre, serre! Serre!

Et voilà comment, depuis ce jour, je n’ai plus eu d’accident. Je cours et je serre. Je mange et je serre. Je pisse et je serre. Je vous écris en ce moment et je serre. Je suis tight de partout. Je suis au sec et vous?

Sensuellement serrée,

La méno-pin-up

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2 réflexions sur “À s’en pisser dessus.

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