Mes dernières années fourrables…

Unknown

Préménopause. Ça me débalance le moral autant que le taux d’hormones. J’entre maintenant dans un nouveau chapitre de ma biographie : J’entreprends mes dernières années fourrables comme le dirait si bien Miss Amy Schumer…

Comprenez-moi, je vais baiser jusqu’à ce ma patate nécrosée éclate à m’être trop fait rebondir sur une bite turgescente de Viagra. Je serai sexuelle jusqu’à la dernière goutte salée de mon existence, j’en suis persuadée. Ce dont je parle, c’est d’être considérée comme attirante, bottable, pour la société.

Je serai belle pour mon âge, peu importe le nombre de bougies sur le gâteau de ma vie, mais un jour, et c’est déjà commencé, je ne ferai plus tourner les têtes sur les trottoirs comme avant. Les sifflets humides des gros tatas pas de classe que j’abhorre en ce moment me manqueront demain. Bientôt, les femmes ne se sentiront plus menacées par moi. Je deviendrai crédible, sage, je ne pourrai rien vendre d’autre que mes opinions. Et encore… La vieillesse, c’est la perte de la pertinence. C’est l’incontinence des idées.

J’ai toujours calculé ma valeur par le degré de désir ou de jalousie que je suscitais. On m’a souvent dit que j’étais bandante, pas tant que j’étais brillante. Me voilà que je vacille sur mes talons aiguilles, résolue à être ce que je ne suis plus. J’insiste pour tenter d’allier cerveau et stilettos. Et je me demande si ça fait pitié de me voir aller comme ça, en méno-pin-up.

Parce qu’une femme qui refuse de vieillir, c’est la chose la moins sexe au monde. Je les vois, mes semblables, insister pour se fringuer comme une petite jeunesse, les bourrelets moulés, la cellulite apparente dans les skinny blancs, les varices qui sillonnent sous la minijupe achetée chez « Forever 21 ». Triste et dégueulasse à la foi.

Y’a celles qui s’entraînent en fou de crisse, la peau fripée sur leurs muscles qui font bien leur possible pour gonfler un tant soi peu, mais que, tsé, non. Arrête. T’es plus dans le coup, Madonna. Accroche ton g-string et vient tricoter avec les autres mémés.

Y’a aucune piqûre de Botox ou de Restylane qui va me rendre le bon vieux temps. Il fut. Et il fut glorieux. J’entre maintenant dans mon dernier tour de piste, mon last call et je compte bien en faire profiter tout ceux qui auront des yeux pour voir. Tortille du cul, cougarlicious. GILF tant que tu peux, ma darling. Tantôt, faudra te contenter de susciter l’admiration à défaut du désir. Tantôt, tu devras prendre soin de toi, non pas pour demeurer sexy, mais pour demeurer en vie.

Je vous ai dit à quel point cette lucidité me fait chier ? Elle me fait chier. Mais je préfère être lucide qu’une vieille plotte qui n’engendre rien d’autre que commisération et moqueries.

En attendant, si ça vous tente de suivre mes bouffées de chaleur, je vous fais ça ici, une fois par semaine.

Sensuellement vôtre,

La méno-pin-up

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